Mon Gaby,
Ce soir dans le calme de mon bureau, les vagues de la tristesses caressent les berges de mon âme. Ton absence physique me pèse tout à coup, je remarque qu'il manque quelque chose à mon corps, à ma vie, et mon sang se glace malgré la chaleur de cette nuit d'été.
Alexandre se démène avec ses recrues toutes fraîches, il a bien du travail a-t-il dit de là-bas en suisse-allemande ou il paie ses gallons d'officier. Un bon gars, et si différent de toi. Il pense à toi aussi tu sais, mais oui c'est vrai...
Lorsque c'est dur, dans l'effort, il te sent près de lui.
Moi aussi je te sens près de moi, mais j'aimerais te toucher, te serrer dans mes bras. Me promener avec toi, aller boire une bière au Backstage, tirer quelques fléchettes... Hélas, je doit faire avec ta présence différente maintenant, essayant de ne pas tomber dans la culpabilité à nouveau, cette saleté qui te griffe l'âme.
Je pensais l'autre soir, que ma tristesse me rongeait mieux que le ferais un cancer. J'aspire à atteindre des rivages plus calmes, plus sereins, mais je ne peux pas enfermer mes sentiments, ce serais l'explosion, bien plus grave, plus tard.
Dis au Grand Berger, le grand consolateur, de toucher mon front, de me remplir d'autre chose que ce mélange nauséabond qui étouffe mon âme, qui me rend triste, impatient envers les autres, intransigeant, difficile à supporter.
Fait une caresse à tes moutons, ils doivent t'aimer beaucoup maintenant, car ta compagnie est un cadeau précieux que seul eux ont la chance d'avoir.
Ton papa qui t'aime tant